Uralistan : un road-trip de 35 000 km en side-car à travers l’Europe et l’Asie centrale

Voyager à moto depuis la France jusqu’en Mongolie, c’est un peu tordu comme idée non ? 35.000 bornes, à deux, sur une seule moto, pour traverser des pays dont tous ne sont pas les plus accessibles … Autant dire que c’est osé. C’est pourtant ce challenge qu’ont décidé de relever deux jeunes français qui ne manquent pas de courage, découvrez le projet Uralistan.

Ural + istan, ça vous parle mieux comme ça ? Ural c’est une marque de side-car, et istan ce sont les cinq dernières lettres du nom de plusieurs pays que vous devez forcément connaître. Alors un peu des deux, ça donne Uralistan et un chouette logo :

 

Uralistan : un Roadtrip de 35 000 km en side-car à travers l'Europe et l'Asie centrale

Uralistan : le road-triup en side-car Ural via les pays en -istan

Jérémy m’a contacté récemment pour savoir si j’acceptais de parler de leur road-trip sur mon blog. Comment aurais-je pu refuser alors que je lis Road Trip Magazine et que je suis fan de ce type de voyage que je n’ai pas encore osé faire (mon road-trip RN7 à côté c’est de la rigolade …). Notez que je ne suis pas le seul à avoir été séduit par le projet, d’autres en parlent ici, ici et encore ici.

Quelques échanges de mails plus tard, j’ai reçu un beau texte qui décrit la genèse du projet, le parcours Uralistan et le véhicule utilisé. Vous allez voir que ce n’est pas rien !

Je laisse le clavier à Jérémy qui parle bien mieux que moi de ce projet Uralistan, je vous engage à les encourager via les commentaires comme sur leur site et leurs réseaux sociaux, ils en ont besoin :

Uralistan : un Roadtrip de 35 000 km en side-car à travers l'Europe et l'Asie centrale

C’est quoi pour vous le road-trip moto rêvé ? La route 66 entre potes ? Le cap nord en solo ?

Chaque motard a sa vision de l’aventure idéale. Seul ou en groupe, à l’autre bout du monde ou à côté de chez soi, l’objectif est le même : découvrir, explorer, rencontrer.

En ce qui nous concerne, nous sommes en train de préparer cette expédition d’une vie. Et pour la concrétiser, nous lui avons donné un nom : Uralistan. Une boucle France-Mongolie de 35 000 km, sur 10 mois, en couple, en side-car Ural, et de préférence par les pistes. Plutôt décalé, non ? Nous vous disons tout sur ce projet un peu fou.

Comment avons nous conçu ce projet Uralistan de road-trip en side-car au long cours ?

Commençons par nous présenter. Nous sommes Marion et Jérémy, un couple de trentenaires originaires de Nantes. Le voyage a toujours fait partie de notre mode de vie. A moto, en voiture ou en sac à dos, nous avons exploré pas mal de pays.

C’est donc assez naturellement qu’en 2016 nous avons pris la décision de nous expatrier au Laos. Quoi de mieux que d’habiter un pays pour l’appréhender en profondeur ?

Déjà à l’époque, l’idée de rallier notre pays d’adoption par la voie terrestre nous tentait. Mais comme nous ne sommes pas des têtes brûlées et que nous manquions de temps de préparation et d’expérience, nous avons reporté le projet.

Depuis fin 2018, l’appel de l’ailleurs se fait sentir avec l’envie de découvrir de nouveaux horizons. Pourquoi pas nous installer en Afrique ? C’est à ce moment que resurgit l’idée d’un road-trip moto au long terme. Rouler 10 mois, c’est un bon moyen de changer d’air entre deux expatriations non ? Après une longue discussion d’environ 5 minutes, la décision était prise. Il était temps pour nous de préparer ce qui s’annonce comme l’aventure d’une vie.

Uralistan : un Roadtrip de 35 000 km en side-car à travers l'Europe et l'Asie centrale

 

 

Quelles sont nos envies et choix pour l’itinéraire de notre futur voyage ?

L’idée initiale était de rallier la France depuis le Laos par la voie terrestre. Bon, sur le papier, ça semble facile. Mais on a vite du revoir nos plans. Pourquoi ? Pour deux raisons principales.

La première, c’est qu’en Asie du Sud-Est, il est impossible pour un étranger d’acheter un véhicule. Et si tu n’es pas propriétaire, tu n’as pas de papiers à ton nom, et du coup, les passages aux frontières ne sont pas évidents. Ça coûte aussi cher de faire venir un véhicule d’Europe et les taxes d’importation sont exorbitantes.

La deuxième raison, c’est le passage obligé par le Pakistan ou la Chine. D’un point de vue sécurité, nous préférons éviter le premier, et pour des raisons budgétaires le deuxième.

On change nos plans et optons pour un départ de France. Nettement plus évident pour les démarches administratives.

Arrive le meilleur moment de la préparation : choisir les pays que l’on veut visiter.

La Mongolie est une évidence. C’est un rêve qui vient de loin. Ensuite, vu qu’on aime aller là où les autres ne vont pas, on décide d’explorer les pays en -stan (d’où Uralistan, vous suivez ?). Vous savez, ceux aux noms imprononçables. Ceux dont on ne sait pas s’ils existent vraiment, et encore moins où ils se situent sur une carte ? Et bien, ils nous attirent. Et pour les mêmes raisons, on se dit qu’un passage en Iran s’impose.

Et puis, vu qu’on est un peu masos, pourquoi ne pas explorer l’Europe par les pistes ? Grâce au projet Trans Euro Trail, il est possible d’accéder gratuitement aux traces GPS des pistes et sentiers de nombreux pays d’Europe. C’est ça pour nous l’aventure ! Dénicher des coins paumés et aller à la rencontre de gens que les voyageurs laissent d’habitude tranquilles.

Comment préparons nous l’itinéraire de notre road-trip ?

Uralistan : un Roadtrip de 35 000 km en side-car à travers l'Europe et l'Asie centrale

Le tracé global est dessiné. Ça donne ça :

  • France,
  • Roumanie,
  • Russie,
  • Mongolie,
  • pays en -stan,
  • Iran,
  • Turquie,
  • Balkans,
  • Italie,
  • France.

Plutôt tentant, non ? Maintenant, il est temps d’entrer dans le détail de chaque pays. Nous avons déjà commencé pour certains, les articles sont sur notre site internet. Il n’est pas question de s’imposer un itinéraire rigoureux, mais plutôt de se renseigner sur les conditions d’entrée, le budget, les spots à ne pas louper, les zones à risque, etc…

Comment obtenons-nous toutes ces infos ? Nous faisons nos recherches sur Internet et dans les guides touristiques comme tout le monde. Mais surtout, nous demandons à la communauté des motards voyageurs. Grâce aux blogs et aux groupes Facebook, il est désormais facile de contacter des aventuriers qui ont vécu et visité ces pays. Alors, pas d’hésitation, on fait appel à la solidarité des autres voyageurs pour obtenir toutes les infos nécessaires.

Mais l’objectif n’est pas seulement de préparer notre road-trip ! Car une fois qu’on a récupéré les données, on les synthétise sous forme d’articles sur notre blog. Ainsi, elles sont accessibles par tous. On peut dire qu’on est en train de créer une sorte de bibliothèque de bons plans, d’itinéraires, une source d’infos utiles ou encore un Wikipédia pour baroudeurs à deux ou trois roues. Motopédia, ça sonne bien non ? Bref, c’est notre manière à nous de renvoyer l’ascenseur et de venir en aide aux motards en quête d’infos récentes.

Pour le moment, nous avons pu lever le voile sur la Roumanie, l’Ouzbékistan et l’Iran. Autant dire qu’il nous reste du boulot car nous traverserons pas moins de 25 pays !

Quel véhicule nous fait rêver pour cette aventure à travers l’Europe et l’Asie centrale?

La mode est aux GS 1200 et autres maxi-trails. Et bien, ça ne nous attire pas du tout. On est plutôt fans des vielles bécanes, celles qui ne sont pas bardées d’électronique, celles que tu peux encore dépanner sans ordi.

Et puis en fait, pour des raisons pratiques, deux roues ne suffiront pas. On opte donc pour un side-car. Ça a les avantages de la moto : à savoir le contact direct avec les éléments et la facilité de créer des rencontres. Ça permet surtout d’embarquer un tas de bagages ! Parce qu’on part quand même pour 10 mois, en couple, avec le matos de camping. Et on ne s’imagine pas jouer à Tetris tous les jours pour faire rentrer tout ça dans des sacoches de bécanes.

Deuxième raison pour laquelle, on opte pour le side-car : on va faire pas mal de tout-terrain. Vous vous imaginez, vous, rouler sur des pistes avec une moto d’au moins 250 kilos, chargé comme une mule et en duo ? En tout cas, nous pas trop. La troisième roue va prendre tout son sens quand on arpentera les pistes du TET en Roumanie ou en Italie par exemple.

Side-car Ural édition Sahara

Side-car Ural édition Sahara

Notre choix s’est donc porté sur un side-car Ural (Uralistan, ça suit toujours ??). Ça vous dit forcement quelque chose. Il s’agit de modèles russes, particulièrement utilisés pendant la seconde guerre mondiale. Même s’ils ont évolué depuis le temps, ils ont su conserver une conception simpliste avec très peu d’électronique. De plus, leur look pour le moins atypique est un vrai générateur de rencontres. Impossible de ne pas montrer de la curiosité au passage d’un engin de ce genre. Et puis, il faut bien se l’avouer, le côté contre-culture, on adore.

A suivre …

J’espère que cet article vous aura donné une idée de notre approche du voyage à moto. Nous ne roulons pas pour rouler mais bien pour découvrir, explorer, apprendre et surtout rencontrer.

Vous partagez cette vision du voyage à moto ? N’hésitez pas à visiter notre site Uralistan pour y prendre des infos. Vous pouvez aussi nous aider à préparer notre itinéraire en échangeant avec nous vos bons plans et vos expériences sur notre page Facebook.

On espère vous croiser sur la route ! Bon voyage à tous.

6 thoughts on “Uralistan : un road-trip de 35 000 km en side-car à travers l’Europe et l’Asie centrale”

  1. Malézet Remi dit :

    Le 2 décembre 2012, soit 200 ans après la retraite de Russie de Napoléon,Sylvain Tesson se lance dans une aventure de 4000 km en roulant en side-car,sur les traces de l’empereur,ils étaient trois Ural.
    trip relaté dans son livre Bérézina,dont la lecture est super inintéressante,
    bon Uralistan ils prévoient d’en parcourir presque 10 fois plus, chapeau .

  2. The PRIMITIF dit :

    Bonjour à tous !
    C’est une idée superbe et je vous souhaite un superbe voyage .Personnellement moi aussi j’aurais choisi cette moto ;elle est bien adaptée pour ce genre de randonnée ! Est ce que la roue du Side est entrainée ? Jean Christophe tu a bien fait d’accueillir ces Motards Aventuriers .
    Bonne route !

  3. Saragoça Figueiredo dit :

    Abonné à « Des bielles dans la tête » que j’adore, je viens de découvrir cette aventure qui m’a laissé perplexe ; perplexe de voir qu’il y a encore à notre époque des gens qui pensent comme moi et savent le combien il est important de connaître d’autres lieux, d’autres cultures. Je me suis abonné à votre blog et même site FB dans l’espoir de pouvoir lire, voir, toutes les publications que vous y mettrez. Du coup, je me suis trouvé à visiter le site du concessionnaire Ural, pas si loin de moi (par curiosité), histoire de découvrir cette incroyable machine !!! A bientôt j’espère.

    1. Ah ben tiens, et tu vas acheter un Ural maintenant 😀
      Ceci dit je testerais bien cet engin, je suis comme nos amis d’Uralistan, trop moderne c’est trop moderne.

  4. certon dit :

    Très bonne idée de faire connaître ce genre d’aventure. Merci pour le partage
    Motardement
    Alain

    1. Merci pour le retour Alain, nous allons les suivre !

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