Et j’ai suivi le vent, Anne-France Dautheville – Chronique d’un tour du monde à moto

Une femme seule, jeune et qui fait le tour du monde à moto, banal non ? Sauf que … nous sommes en 1973, aucune nana n’a encore jamais fait un tour du monde complet et la moto est une Kawasaki 100cc.

Dans « Et j’ai suivi le vent » Anne-France Dautheville vous raconte son périple, depuis la traversée du Canada pour rejoindre l’Alaska jusqu’à Paris par le Japon, l’Inde, l’Afghanistan, l’Iran et les pays de l’Est.

Et j'ai suivi le vent, Anne-France Dautheville - Chronique d'un tour du monde à moto

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Et j’ai suivi le vent, Anne-France Dautheville et son tour du monde à moto

« – Tom ! Tu sais comment j’ai voyagé, l’année dernière ?

– Ben… en Guzzi !

– En camion ! Tu le savais ?

– Allons, calme-toi… »

Elle ne se calma pas.

Quelques journalistes ont osé prétendre que lors de son premier voyage, le raid Orion 1972 de Paris à Ispahan en Iran, puis en Afghanistan et au Pakistan, Anne-France Dautheville a voyagé en camion et non à moto. Furieuse, on la comprend, la jeune femme est dans tous ses états.

Résultat ? Ni une, ni deux elle décide sur le champ de partir en solo en Alaska sur une 125 !

Ça c’est la troisième page du livre et il en reste plus de 350, je vous laisse imaginer la suite.

Non seulement elle va boucler son voyage en Alaska, mais elle va rentrer en France par la route :

  • Japon,
  • Inde,
  • Pakistan,
  • Afghanistan,
  • Iran,
  • et quelques autres pays traversés plus ou moins vite tout au long des quatre mois que dure le voyage.

La moto ?

Et j'ai suivi le vent, Anne-France Dautheville - Chronique d'un tour du monde à moto

Et j’ai suivi le vent d’Anne-France Dautheville

photo collection personnelle de l’auteur

Pas une 125 finalement, mais une Kawasaki 100cc deux temps qui va s’avérer un compagnon de voyage fidèle ou presque, la mécanique a aussi ses humeurs.

Une moto qui permet à notre héroïne de boucler son tour du monde en empruntant des routes que même aujourd’hui avec un trail hyper spécialisé et préparé vous auriez quelques difficultés à envisager.

Canada et Alaska

La première partie du livre, la traversée du Canada et l’arrivée en Alaska est ma préférée. C’est simple, moi qui n’était pas spécialement attiré par le Canada (l’Alaska je n’en parle même pas) j’ai maintenant envie d’aller voir. Ce récit est captivant, il vous prend et ne vous lâche plus tant que vous n’êtes pas rendu à Anchorage.

Japon et Inde

Je ne suis pas fan du Japon non plus, et après avoir lu l’épisode japonais je ne le suis toujours pas. Ce n’est pas la faute du texte, il est brillant de précision, de réflexion sur l’état d’esprit japonais pendant les seventies et de détails succulents. Mais comme l’auteur j’ai envie d’aller voir ailleurs.

Ce qu’Anne-France Dautheville s’empresse de faire après que les ingénieurs de Kawasaki Japon aient pris le temps de lui détruire son moteur (lisez, vous allez comprendre ce qu’un japonais est aussi capable de faire).

S’en suit une traversée de l’Inde qui m’a moins emballé, la moto n’est plus le sujet principal et pour cause. Le rythme de l’ouvrage est plus lent, les anecdotes moins nombreuses. Si toutefois vous envisagez d’aller en Inde soyez rassuré : j’ai testé pour vous il y a quelques années, rien n’a changé depuis les années 70, tout ce qui est détaillé est toujours d’actualité (et bon courage).

Il faut bien rentrer un jour et le retour va se faire par le Pakistan et l’Afghanistan. Et des cols qui seront pour vous l’occasion de savoir pourquoi à cette époque on pouvait être amené à changer de gicleur en montagne.

Puis l’Iran, encore un pays auquel on ne pense pas forcément en 73 quand on parle voyage à moto. Loin de l’Iran post 79, vous allez découvrir combien la réalité peut différer ce que les médias nous racontent quand il s’agit de parler des pays étrangers.

Le rythme s’accélère, Bulgarie, Yougoslavie, Autriche, Allemagne n’ont pas marqué notre voyageuse au point d’en faire des centaines de pages. La situation serait probablement fort différente aujourd’hui, les pays de l’Est ont bien changé, l’Europe occidentale aussi.

Et j'ai suivi le vent, Anne-France Dautheville - Chronique d'un tour du monde à moto

Et j’ai suivi le vent d’Anne-France Dautheville

quatrième de couverture de l’édition Petite Biblio Payot Voyageurs 2017

Mon avis sur ce livre

Anne-France Dautheville avait une belle aventure à raconter. C’est vrai. Dans « Et j’ai suivi le vent » elle l’a fait avec une fort belle plume. J’ai avalé ces 350 pages en deux jours parce qu’il m’était impossible de ne pas attaquer un nouveau chapitre quand je finissais le précédent.

Le fin mélange d’aventure humaine, d’anecdotes de voyage, de tracasseries mécaniques est un régal. Loin d’un texte appelant à la méditation comme peut l’être le Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes, cet ouvrage est un pur récit de voyage à moto qui donne envie, fait rire et captive.

Si franc-parler et liberté sont deux de vos caractéristiques personnelles, lisez vite « Et j’ai suivi le vent » réédité en 2017 chez Payot, vous ne le regretterez pas !

Ce livre au meilleur prix …

7 thoughts on “Et j’ai suivi le vent, Anne-France Dautheville – Chronique d’un tour du monde à moto”

  1. Anne-France Dautheville dit :

    Bonjour à vous,

    Je viens de tomber sur votre article; et je suis heu-reu-se !
    Merci.
    Anne-France Dautheville

    1. Merci pour ce petit mot, votre livre mérite d’être connu et j’ai plaisir à le faire savoir.

  2. The PRIMITIF dit :

    Bonjour ,Je vais essayé de trouver ce livre . Même si il faut lire un jour le fameux bouquin de Robert M PIRSIG « Traité su Zen et de l’entretien des Motocyclettes  » il faut bien reconnaitre qu’il faut s’accrocher au guidon au fil des pages .Cela vole haut ,et parfois trop haut pour moi !
    Pour revenir au livre de cette Motarde de 1973 ,cela en dit long sur la situation géo politique d’aujourd’hui ,ou on ne peut plus s’aventurer dans beaucoup de pays qu’elle a traversée . Imagine t’on aujourd’hui de rouler en AFGHANISTAN par exemple . Cette semaine sur la GIRONDE c’était ciel bleu et soleil .
    Cela « caillait » un peu au petit matin ,surtout jeudi , mais après c’était la félicité en sortant du boulot .
    Bon week end à tous !

    1. Merci du retour, c’est sympa de commenter ainsi 🙂 Pirsig, oui, il faut s’accrocher un peu, et je partage ton avis, certains pays deviennent complexes à visiter. J’ai fait un bon séjour au Pakistan par exemple, je ne me vois pas y retourner maintenant.

  3. mapassion dit :

    Cet article donne envie de lire ce livre même si les années ont passées ça ne peut être qu’enrichissant, merci d’avoir partagé.
    (Une motarde passionnée née en 1973) et qui roule en Moto Guzzi !!

    1. C’est vraiment un bon bouquin qui montre que nous réfléchissons peut-être un peu trop parfois avant de rouler. Moto Guzzi ? Faut m’en dire plus ! Laquelle et tout et tout

    2. The PRIMITIF dit :

      Bonjour jeune motarde . Quel modèle de Moto GUZZI avez vous ? J’ai failli acheter une GUZZI California il y a longtemps , cette machine me plaisait bien
      à l’époque 1988 . Elle possédait le fameux freinage intégral ,la pédale de frein arrière faisait fonctionner aussi le frein avant .

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